Psychother 5

Catégories et limites en psychopathologie; approche historique et épistémologique

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Accueil du siteArchivesAnnée 2008-2009Les séancesSéance 10

Séminaire de l’École Doctorale « Cognition, comportement, conduites humaines » - Institut de Psychologie - Paris-Descartes
En collaboration avec l’École doctorale « Cognition, Langage, Interaction » - Université Paris 8,
l’École doctorale « Recherches en psychanalyse », ED 450 - Université Paris 7,
le CESAMES et l’IHPST

Séance 10

Arnaud Plagnol : le systémisme et les psychothérapies. Présentation d’un texte de G. Bateson.

L’émergence de la perspective systémique en psychothérapie a été étroitement liée à la revendication d’une épistémologie originale — le champ clinique n’étant qu’un domaine d’application parmi d’autres — dont le trait principal est la prise en compte résolue d’un point de vue essentiellement holistique. Même si l’on peut déceler de multiples précurseurs, on s’accorde à voir dans la formation du groupe de Palo Alto et l’influence de Gregory Bateson le tournant décisif dans l’explicitation de cette épistémologie. Cependant, en accord avec la perspective systémique elle-même, dans le développement des multiples écoles s’y référant, Palo Alto représente davantage un carrefour que le lieu originel d’une tradition linéaire. Lors de cette séance, nous rappellerons le contexte interdisciplinaire à l’arrière-plan de Palo Alto, en évoquant le parcours de Gregory Bateson, puis en situant quelques éléments de sa théorie de la communication. Nous nous efforcerons de souligner les points permettant de contraster la perspective systémique avec la psychanalyse et le comportementalisme. L’analyse du fameux texte "Toward a Theory of Schizophrenia" (Behavioral Science, Vol.1, 4, 1956, écrit par G. Bateson en collaboration avec D.D. Jackson, J. Haley et J. H. Weakland), qui expose la notion de double bind et propose son application à la schizophrénie, sera l’occasion de saisir un moment-clé de l’émergence de la perspective systémique, ce texte développant un point de vue novateur à l’époque, bien qu’encore loin d’être mature et infiltré d’éléments hétérogènes qui seront ultérieurement critiqués. En nous interrogeant sur d’éventuelles résistances à l’originalité de la pensée systémique, nous aborderons succinctement les voies de son introduction progressive en France, celle-ci paraissant s’être faite par diffusion "en réseau", notamment via d’autres pays européens, et en fonction de points de contact avec des problématiques spécifiques (travaux sur la psychodynamique des groupes, thérapies institutionnelles...) jusqu’à une floraison qui devient nettement repérable au tout début des années 80.