Psychother 5

Catégories et limites en psychopathologie; approche historique et épistémologique

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Accueil du siteArchivesAnnée 2008-2009Les séancesséance 11

Séminaire de l’École Doctorale « Cognition, comportement, conduites humaines » - Institut de Psychologie - Paris-Descartes
En collaboration avec l’École doctorale « Cognition, Langage, Interaction » - Université Paris 8,
l’École doctorale « Recherches en psychanalyse », ED 450 - Université Paris 7,
le CESAMES et l’IHPST

séance 11

Steeves Demazeux : Le DSM et les psychothérapies

La doxa veut que le DSM, à partir de sa troisième version éditée en 1980, soit une classification qui 1) fût construite à la botte de l’industrie pharmaceutique, et 2) qu’elle fût fortement opposée à toute forme de psychothérapie. Ajoutez à cela la conviction qu’elle aurait été construite par un petit « collège invisible » de psychiatres scientistes et biologisants, avec pour grand manitou Robert Spitzer, et vous obtenez le tableau le plus communément véhiculé, particulièrement en France où les intérêts à s’en accommoder peuvent être forts. Bien sûr, la réalité est un peu plus complexe. Il faudrait d’abord distinguer la classification elle-même des enjeux qu’elle a pu servir pour restructurer en profondeur la puissante Association Psychiatrique Américaine (APA). Il faudrait ensuite s’intéresser de près à ce qui est engagé pratiquement (au sens de praxis) dans cette classification qui avait fait vœu d’a-théorisme.

N’ayant ni l’ambition, ni la compétence, ni même l’envie de prendre part à la controverse qui oppose les psychothérapies aux pharmacothérapies et surtout les psychothérapies entre elles, nous nous contenterons de rappeler quelques aspects historiques et épistémologiques concernant la construction du DSM-III à la fin des années 1970 dans son rapport à la question des psychothérapies. S’il est tout à fait clair que les concepteurs du DSM-III étaient majoritairement opposés à la psychanalyse, la volonté (et même la nécessité) d’arracher un consensus parmi les cliniciens les a conduits à privilégier une approche a-théorique qui préjugeait peu de la nature ultime des troubles mentaux, et encore moins de l’abord thérapeutique qui leur convient le mieux. Nous chercherons à montrer que l’engagement en faveur ou contre certaines psychothérapies s’est joué ailleurs, en amont (au niveau du modèle médical que la classification présuppose), en marge (au niveau de la restructuration du champ institutionnel et des régimes d’assurances qui ont lieu à cette époque) et en aval du DSM-III (au niveau des outils dérivés qui sont progressivement introduits pour comparer l’efficacité des différentes thérapies).

(illustration : les iconoblastes)